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Locke : La Ronde de nuit de Tom Hardy

Article paru sur Redux Mag

Avant Mad Max: Fury Road prévu pour mai 2015 et toujours réalisé par George Miller, Tom Hardy oublie un peu les grosses scènes de baston musclées pour Locke, un drame psychologique mené entièrement au volant et au téléphone, en évitant toute sortie de route.

Tandis que la nuit tombe, Ivan Locke, charismatique directeur d’un chantier de construction à Birmingham, informe son équipe d’ouvriers qu’ils devront lancer dès le lendemain un nouvel et immense projet. Sauf que Locke ne sera pas présent. Celui-ci part en effet en voiture pour Londres afin de rejoindre Bethan, une femme avec laquelle il a eu une aventure et qui est sur le point de mettre au monde leur enfant, qu’il ne compte pas renier comme le fit jadis son père avec lui. Constamment au téléphone, Locke va alors tenter de se sortir du pétrin dans lequel il se trouve, en soutenant ses collègues peu confiants face au nouveau chantier, en tranquillisant son patron, en révélant toute la vérité à sa femme tout en demeurant auprès de Bethan…

Présenté à la Mostra 2013, Locke fut considéré comme le grand regret du programmateur qui admit que le film méritait une place en compétition. Bien que Locke ne soit pas son premier long métrage en tant que réalisateur – oublions le médiocre Crazy joe – Steven Knight s’était jusqu’ici plutôt fait remarquer en tant que scénariste, pour des films efficaces (Dirty Pretty Things)  et parfois grandioses (Les Promesses de l’ombre). On connait certes ses qualités d’écriture mais en l’absence d’un Cronenberg ou d’un Frears pour transcender le verbe en images, le pari d’un tel film (90 minutes en bagnole avec un seul personnage au téléphone) semblait risqué. Heureusement, Tom Hardy donne corps à ce personnage qui voit son monde s’écrouler depuis sa BMW.

Un autre film vient en tête en regardant Locke : l’excellent Buried (Rodrigo Cortés, 2010), où Ryan Reynolds était enfermé tout du long dans un cercueil avec un téléphone portable. Comparaison difficile mais inévitable qui met en avant les forces et faiblesses du film de Steven Knight. Les deux avaient cette allure parfois agaçantes d’exercice de style, d’affichage un rien pompeux de savoir-faire technique mais à la différence d’Ivan Locke, si l’on tremblait pour Ryan Reynolds, c’est que sa vie était en danger. Ivan Locke doit en revanche faire face à… des retards dans la construction d’un chantier et une histoire de jambes an l’air !

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Scarlett Johansson - Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003)

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